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Productions d'élèves - Les origines du Lycée

Le travail qui suit, portant sur les origines du lycée de Nay, a été effectué dans le cadre des TPE par les élèves de la classe de 1ère Littéraire dont les noms suivent : Emmanuel Bacqué, Florent Daguebert, Laure Harivel, Anaïs Hellard, Caroline Labat, Arnaud Maïlhé, Julie Maréchal, Lydie Martin, Elodie Rodrigues, Julie Spiewak, Agnès Triverio et enfin Rachel Tujague.
 
Deux groupes principaux se sont constitués : l'un a travaillé sur la notion de laïcité et sur le contexte historique, l'autre est allé travailler directement aux sources, c'est-à-dire en allant consulter sur place les registres de délibérations de la commune, qui se trouvent aux archives municipales de Nay. La synthèse a pu se faire à partir de ces deux démarches.

Un autre travail du même type a été effectué l’année dernière par les élèves de 1ère S.T.T, portant sur les devis, les plans de l’école primaire supérieure de jeunes filles, et sur la scolarité. Il a pu être effectué en collaboration avec les service éducatif des archives départementales animé par Mme Valeau. Nous espérons que l’article de ces élèves pourra paraître l’année prochaine dans la même revue.

Je tiens à remercier présentement, en tant que professeur d’histoire de ce lycée, les services de la mairie qui ont facilité la consultation des registres par les élèves, ainsi que Monsieur Pichon, ancien professeur d’histoire du lycée, maintenant à la retraite, et Monsieur Sarrabers, érudit local bien connu, pour leur soutien qu’ils ont apporté à la rédaction de ce petit article. Je tiens enfin à remercier Monsieur Le Ho, le proviseur du lycée qui, en aménageant un emploi du temps "fait sur mesure", a permis à cet article de paraître en temps voulu.


Dominique Robin, professeur d’histoire géographie du lycée de Nay. Mars 2001.

 

Les origines du lycée de Nay

L’existence du lycée de Nay doit beaucoup aux luttes de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle autour de la notion de "laïcité". Le nom de laïcité remonte aux textes bibliques rédigés en grec ; il vient de "laos", le peuple et de l’adjectif "laïcos", qui signifie : commun, du peuple. Encore au XVIIe siècle, l’idée même de laïcité est impensable en France : le pouvoir politique qui est supposé émaner de Dieu, ne peut se passer de l’appui du clergé. Mais il en va autrement par la suite. Les philosophes du XVIIIe siècle en remettant en question les fondements de la société au nom de l’esprit critique contribuent à ébranler les liens qui unissent la religion, l’Etat et la société. Le courant anticlérical, porté par les idées rationalistes et positives de la seconde moitié du XIXe siècle, conduit même à une pratique militante de la laïcité, dont la France constitue le meilleur exemple.

De 1879 à 1885, des mesures en faveur de la laïcité sont prises par le ministre Jules Ferry. L’école primaire publique est gratuite en 1881, laïque et obligatoire de 6 à 13 ans en 1882. L’enseignement primaire supérieur, parallèle à celui donné dans les lycées, est organisé en 1886. Ces lois généreuses visent aussi à retirer son influence à l’Eglise, hostile à la République. La collation des grades devient le monopole public. Les ecclésiastiques ne peuvent plus enseigner sans les diplômes exigés des laïcs. La gratuité de l’enseignement laïque laisse à penser que l’école confessionnelle, payante elle, va perdre l’essentiel de ses effectifs. Mais c’est le contraire qui arrive. En effet, les dons se multiplient dans le camp des catholiques pour maintenir un enseignement catholique à la fois populaire et de qualité.

nay.jpgLa ville de Nay n’échappe pas à cet engouement, et c’est la Congrégation des Filles de la Croix, qui bénéficie de largesses privées. La séance du conseil municipal du 28 août 1903, qui fait allusion à des événements largement antérieurs, se fait le témoin de ces largesses à caractère local :

« Le Président dépose sur le bureau de l’assemblée les expéditions de trois actes authentiques en date du 8 juillet 1863, 15 février 1865 et 22 juillet 1865 déposés au rang des minutes de M. Duclos notaire à Nay. Le 1er acte constatant qu’il a été par feu M. Abraham Timothée de Bonnecaze Baàs donation à la Congrégation des Filles de la Croix 1) d’un enclos appelé Bonnecaze, sis à Nay ; 2) d’une somme de 3400 F ladite donation subordonnée à l’obligation par la Congrégation des Filles de la Croix de donner gratuitement aux filles pauvres de la ville de Nay ainsi qu’à celles de l’ancienne commune de Clarac l’instruction religieuse élémentaire et manuelle (…) »

Certes, rien d’irrévocable ne s’accomplit entre partisans de l’école laïque et confessionnelle et, en 1892, une encyclique du pape Léon XIII préconise même le ralliement des catholiques français au régime républicain. Pourtant, c’est à cette même époque que la crise entre l’Eglise et l’Etat prend une tournure plus dramatique. Dès 1894, une nouvelle vague anticléricale, plus forte encore que celle de 1880-1889, déferle sur le catholicisme français. Elle trouve son origine dans l’affaire Dreyfus, qui coupe le pays en deux camps, la majorité des catholiques se trouvant dans celui des "antidreyfusards", à tendance nationaliste, antisémite et antirépublicaine. La gauche, dont une bonne partie est "dreyfusarde", se rend compte du pouvoir qu’avait encore l’Eglise en France et s’inquiète de nouveau de l’activité incessante des congrégations, de leurs richesses croissantes et de l’extension de leur enseignement.

Le ministère Waldeck-Rousseau (1899-1902), qui est un ministère de "défense républicaine", dénonce une conspiration de la "Congrégation" visant à abattre la République et à abolir les "conquêtes laïques". Il se résout à donner aux Congrégations un statut légal et entend atteindre ceux que le premier ministre appelle alors "les moines ligueurs et les moines d’affaires". C’est l’objet de la loi sur les Associations (1901). Celle loi complète l’ensemble des libertés républicaines, en donnant aux associations privées le statut libéral qu’elles n’avaient jamais eu jusque-là, mais elle introduit une dérogation en ce qui concerne les congrégations religieuses : celles-ci ne peuvent se former sans une autorisation donnée par une loi ; nul ne peut enseigner s’il est membre d’une congrégation non autorisée.

Il reste aux Congrégations enseignantes à demander une autorisation pour continuer à pratiquer leur métier, conformément aux statuts de la nouvelle loi ; c’est ce que fait la Congrégation des Filles de la Croix à Nay dont l’initiative est rapportée dans les délibérations du conseil municipal du 25 juillet 1902 :

« M. le Maire communique au conseil une lettre du 7 janvier 1902 par laquelle M. le Préfet l’informe que la Congrégation autorisée des Filles de la Croix dites de Saint André a demandé pour les établissements de Nay l’autorisation prévue par les articles 13 et 18 de la loi du 1er juillet 1901, en conséquence conformément aux dispositions de la dite loi il invite le Conseil municipal à faire connaître son avis sur cette demande ».

La municipalité se plie aux règles, mais avec le maximum de précautions. En effet, un tiers des membres de l’assemblée a demandé un vote au scrutin secret « conformément aux paragraphes 2 et 3 de l’article 51 de la loi du 7 avril 1884 ».

paulrey.jpgPaul Rey accepte la proposition et procède à un vote avec toute la solennité requise :

« M. le maire faisant droit à cette demande a fait déposer sur le bureau la boite destinée au scrutin, a fait voir qu’elle était vide et a invité les conseillers présents à exprimer leur vote en écrivant sur un des bulletins blancs préparés à cet effet, le mot "oui" en cas d’avis favorable à la demande d’autorisation formée par les Filles de la Croix et le mot "non" en cas d’avis défavorable ».

La solennité de la procédure témoigne bien du climat d’agitation qui frappe alors la France entière. Pourtant la municipalité n’hésite pas à témoigner massivement son attachement à l’école congréganiste puisque c’est à une large majorité que l’autorisation est accordée :

« Les bulletins de vote ayant été remis fermés à M. le Maire et déposés au fur et à mesure dans le boite du scrutin, le nombre de bulletins s’est trouvé au nombre de quatorze. Le dépouillement fait par le maire a donné : pour l’avis favorable à la demande d’autorisation onze suffrages, pour avis défavorable trois suffrages.
En conséquence, M. le maire a déclaré que le Conseil Municipal à la majorité absolue a émis un avis favorable à la demande d’autorisation formée par la Congrégation des Filles de la Croix pour les établissements de Nay ».

Mais les choses ne sont pas réglées puisque, en 1902, lors de l’arrivée du gouvernement Combes , il n’est plus question de "défense républicaine" mais bien d’une offensive, assortie d’une accentuation de la politique anticléricale. Ce dernier dépose, en 1903, au parlement français, une loi qui interdit tout enseignement aux congrégations religieuses sur le territoire français. Il fait fermer plus de 3000 écoles, expulser 20 000 religieux et saisir les biens de leurs communautés.

La municipalité de Nay prend acte de cette évolution sans, apparemment, se poser trop de questions. Dès le 27 juin 1903, elle s’engage résolument, sans états d’âme, dans une politique favorisant l’expansion de l’école publique de filles, la seule autorisée :

« M. le Maire soumet à l’assemblée une lettre par laquelle M. le Préfet des Basses Pyrénées le prie de vouloir bien inviter le Conseil Municipal à délibérer sur la création d’un emploi d’adjointe à l’école publique de filles. Sur quoi le Conseil Municipal :
- Ouï la lecture de la lettre du M. le Préfet
- Vu la loi du 30 octobre 1886 art. 14 à 24
- Considérant qu’à la suite du rejet de la demande d’autorisation faite en faveur de l’établissement des Filles de la Croix, la population scolaire fréquentant l’école primaire laïque des filles sera considérablement accrue [accepte la création d’un emploi d’ajointe à l’école publique de filles] ».

Paul Rey, le maire, fait même, en la circonstance, la démonstration d’un réalisme à toute épreuve en réclamant en faveur de la mairie, le 28 août 1903, les sommes initialement destinées par Abraham Timothée Bonnecaze Baàs à la Congrégation des Filles de la Croix :

«M. le Maire ajoute que la Congrégation des Filles de la Croix se trouve aujourd’hui dans l’impossibilité de satisfaire aux intentions et conditions stipulées dans l’acte de donation par suite du rejet de la demande d’autorisation qui avait été faite en faveur de son établissement de Nay, l’immeuble Bonnecaze et la somme de 3400 F reviennent de plein droit à la ville (comme stipulé dans les deux autres actes)».

En effet, il avait été prévu par le donateur que l’argent et la propriété devaient revenir à la mairie en cas de non respect des clauses par les Filles de la Croix.

Une loi de 1904 met définitivement fin à l’enseignement congréganiste à Nay : elle interdit tout enseignement aux congrégations, autorisées ou non. La même année, le Président de la République française rend visite au Roi d’Italie à Rome, capitale du nouvel Etat. Cette initiative est prise par le Pape comme un camouflet car ce dernier considérait toujours Rome comme étant la capitale des Etats de l’Eglise, désormais disparus, et non comme celle de l’Italie. De ce fait, les relations sont rompues entre la France et le Vatican. La rupture est consommée.

Cette politique de Combes a des conséquences tout à fait fondamentales pour la création du lycée actuel.

En effet, lors de la séance du 21 septembre 1904, le maire propose, comme alternative à la perte de l’enseignement congréganiste pour les filles, son projet "de création d’une école primaire supérieure de filles à l’immeuble Péez Cacaré". C’est cette fameuse école qui sera à l’origine du lycée actuel de Nay :

« Sur proposition de M. le maire,
- Considérant qu’à la suite des derniers événements législatifs supprimant l’enseignement primaire congréganiste, la ville de Nay se trouve avoir l’entière propriété de l’immeuble Bonnecaze qui faisait partie intégrante de l’établissement dirigé par la congrégation des Filles de la Croix,
Que la récente acquisition du local Péez Cacaré peut aujourd’hui permettre à la ville de Nay de mettre à exécution le projet maintes fois étudié de créer à Nay une école primaire supérieure de filles
- Considérant que le fonctionnement d’un établissement de ce genre exercerait une sérieuse influence par sa puissance de rayonnement dans la région environnante et contribuerait à élever le niveau intellectuel des jeunes personnes, à décider parfois de leur avenir (…)
- Considérant que la transformation du cours complémentaire actuel, dont les débuts ont été très satisfaisants en école primaire supérieure n’entraînerait qu’une dépense relativement modeste
Que d’ailleurs le sacrifice pécuniaire serait amplement compensé par le profit immédiat que retireront les habitants et en particulier les commerçants de Nay de la présence d’une nombreuse population scolaire
- Considérant que le local de l’école primaire des filles qui compte trois classes est tout indiqué pour recevoir les différents services de l’école primaire supérieure
- Considérant enfin que la ville de Nay possède des ressources suffisantes, soit au point de vue du logement soit au point de vue des indemnités de résidence à allouer au personnel enseignant affecté à cet établissement émet l’avis qu’il y a lieu de solliciter de l’Administration supérieure la création d’une école primaire supérieure de filles à Nay ».

On peut dire qu’il s’agit d’un projet qui est cher à Paul Rey puisque, déjà dans la séance du conseil municipal du 15 juin 1895, il avait mis tout son talent pour faire accepter par son conseil la création d’une école supérieure de filles :

« M. le Maire expose que par suite de l’amortissement complet de l’emprunt, les ressources de la ville se sont sensiblement améliorées ; le moment serait donc opportun pour réaliser divers projets de travaux communaux tels que la restauration de l’école maternelle, de l’école communale de filles et surtout la création d’une école supérieure de filles dont le besoin se fait de plus en plus sentir.
Une école supérieure de filles de Nay, ne serait pas, en effet, sans exercer une sérieuse influence par sa puissance de rayonnement dans la région environnante et contribuerait à élever le niveau intellectuel des jeunes personnes, à décider parfois de leur avenir, toutes choses dont on ne saurait se désintéresser aujourd’hui (…)
- Considérant en 3ème lieu que la création d’une école supérieure de filles serait une œuvre utile, attendu qu’un établissement de ce genre exercerait une grande influence dans la région faisant ainsi de Nay un centre d’attraction intellectuelle ».

L’acte de naissance réel de l’école primaire supérieure de jeunes filles
date du mois d’août 1905. Par arrêté du 7 août 1905, le Ministre de l’Instruction Publique a approuvé la création d’une école supérieure de filles, de plein exercice à Nay . La nouvelle a été transmise à Pau le 11 août 1905. Le conseil municipal de Nay en prend connaissance lors de la séance du 13 août :

« M. le maire communique l’arrêté ministériel du 7 août 1905 approuvant la création d’une école primaire supérieure de filles de plein exercice à Nay.
Le ministre de l’Instruction publique, des Beaux Arts et des Cultes,
vu la loi organique du 30 octobre 1886,
vu la délibération du conseil municipal du 21 septembre 1904,
vu la délibération du conseil départemental de l’enseignement primaire en date du 12 novembre 1904
Arrête : est approuvée la création d’une école primaire supérieure de filles à Nay
Paris le 7 août 1905, Bienvenu Martin ».

 L’école primaire supérieure de jeunes filles de Nay a désormais une existence légale et elle entre immédiatement en fonction mais la mairie a sans aucun doute sous-estimé les conséquences financières de son initiative : les locaux s’avèrent immédiatement insuffisants pour la nouvelle école et ce, d’autant plus qu’il faut un internat. L’acquisition d’un bâtiment adéquat, avec tous les frais que cela comporte, est désormais le grand problème du conseil municipal :

« séance du 6 septembre 1905. Le Conseil Municipal vu sa délibération du 21 septembre 1904, vu l’arrêté de M. le Ministre de l’Instruction publique approuvant la création d’une école primaire supérieure de jeunes filles de plein exercice à Nay
- Considérant qu’il est indispensable pour la prospérité de la dite école particulièrement dès le début que les parents sont assurés de trouver dans l’établissement les garanties désirables au point de vue de la surveillance de leurs enfants ; que ces garanties ne peuvent leur être offertes que par la création d’un internat attaché à l’école supérieure de filles et fonctionnant sous la surveillance de Mlle la directrice de la dite école
- Considérant qu’il n’existe pas à Nay de local particulier assez spacieux pour y installer d’une façon convenable les divers services de l’internant tel que dortoir, réfectoire, cuisine, vestiaire
Après examen approfondi de la question et après discussion du délibéré, les services de l’internat autre que le dortoir seront à titre provisoire installés dans les locaux servant actuellement de logements aux institutrices adjointes de l’école primaire. Ces dernières devant être pourvues d’un logement différent dans l’immeuble Péez Cacaré. Le dortoir sera installé dans l’une des vastes salles de l’Hôtel de Ville en ce qui concerne le logement (…)
Le conseil décide qu’une indemnité représentative de logement leur sera accordée à la quotité de 150 F pour chacune d’elles et note dans ce but un crédit de 500 F qui sera porté en dépenses sur l’exercice 1906 ».

Il s’agit là, à l’évidence, d’une solution d’attente. La création de l’école primaire supérieure de jeunes filles de Nay risque de coûter cher à la mairie !
La nécessité de faire avancer les choses est d’autant plus forte que la nouvelle directrice, Mlle MAGNE, femme au caractère bien trempé, n’a de cesse de faire pression sur la municipalité pour obtenir les améliorations nécessaires. Il apparaît, dans la séance du conseil municipal du 15 novembre 1905, qu’il faut déjà une 4ème institutrice pour répondre au succès grandissant du nouvel établissement :

« M. le maire soumet au conseil municipal la lettre ci-après qui lui a été adressée par Mlle Magne, Directrice de l’école primaire supérieure de jeunes filles.
"M. le maire, l’école primaire de jeunes filles de Nay a réussi au-delà de toute espérance grâce au concours et au dévouement de la municipalité pour cette création si vivement désirée par le département. L’école compte 114 élèves dont 64 pour les 3ème et 4ème années que nous sommes obligées de réunir tout en donnant à chaque professeur le maximum des heures qu’il soit d’après le règlement des écoles primaires supérieures.
Dans l’intérêt des études, il est absolument nécessaire de séparer la 3ème année qui comprend les aspirantes au brevet élémentaire et à l’école normale de la 4ème comprenant les élèves qui veulent se préparer au brevet supérieur. Cette organisation augmentant considérablement le nombre des heures de leçon, la création d’un 4ème emploi de professeur s’impose".
- Considérant que la prospérité de l’école supérieure de filles s’est affirmée dès le début dans des proportions telles que les 3ème et 4ème classe comptent à elles seules 64 élèves,
- Considérant que la progression ascendante du nombre d’élèves rend indispensable l’adjonction d’une nouvelle maîtresse adjointe
1 : sollicite la création d’un 4ème poste de professeur à l’école de jeunes filles
2 : s’engage à comprendre au nombre des dépenses obligatoires pendant 10 ans au moins les frais d’indemnité de résidence de logement et tout autre résultant de la création du 4ème poste de professeur de la dite école ».

La question de l’exiguïté des locaux devient primordiale et remonte même jusqu’au ministère de l’Instruction Publique à Paris qui propose sa solution :

« séance du 1er avril 1906.
Le maire a reçu une lettre adressée le 13 mars 1906 au Préfet des Basses Pyrénées par le ministre de l’Instruction Publique. Le ministre, conscient des problèmes d’exiguïté qui se posent à Nay pour la nouvelle école, propose la solution suivante : "une occasion avantageuse s’offrirait pour la ville d’installer l’école dans des locaux suffisants, en acquérant un couvent de Dominicains qui doit être prochainement mis en vente" ».

En effet, les locaux de la mairie servent de dortoirs ! Mais la municipalité ne semble pas très intéressée par cette proposition et trouve sa propre solution lors de la même séance :

« il y aurait intérêt à installer dans cet établissement l’école primaire et l’école supérieure de garçons dont la population dépasse le chiffre de 300, le local actuellement occupé par ces deux écoles étant largement suffisant pour installer l’école primaire supérieure de filles ».

La solution de la création d’une école primaire supérieure de jeunes filles se précise dès lors, puisque aucune autre alternative ne se présente :

« Séance du 16 août 1906.
S’occupant de la question de l’école primaire supérieure de jeunes filles, le conseil municipal, après discussion décide qu’il se réunira de nouveau le dimanche 19 août à 10 heures du matin pour étudier cette question et se rendre compte, en visitant les lieux, des ressources que peut offrir la ville pour l’installation de la dite école primaire supérieure de filles ».

La séance du 15 septembre 1906 est déterminante pour le choix du lieu de construction de l’école primaire supérieure de jeunes filles, on en arrive à fixer un lieu, qui est l’endroit même où se trouve le lycée actuel de Nay :

« M. le maire communique au conseil une lettre par laquelle M. Payotte de Bordeaux offre à la ville au prix de 1 200 F une prairie lui appartenant située au quartier Clarac, entre les propriétés Saux et Pédarré.

cadastre.jpg

Le conseil décide que la commission des travaux publics se mettra en relation avec M. Abadie, architecte à Nay ».

La séance du 25 novembre 1906 est décisive :

« M. Payotte a renoncé à vendre sa prairie par parcelles et fait connaître qu’il désirait la vendre en totalité, qu’il est alors entré en pourparler avec Mme Vve Sestia Marcellin en vue d’acquérir pour le compte de la ville de Nay une prairie d’une contenance de 1ha 19a et 65 centiares, qu’elle possède sur la route de la gare de Coarraze Nay au bas de la côte Lahillanne figurant sur le plan cadastral sous le N° 92.
Une partie du conseil s’est déjà rendue sur les lieux et estimant que ce terrain paraît merveilleusement approprié au projet de construction d’une école supérieure de filles a émis l’avis que la ville de Nay aurait avantage à l’acheter.
Mme veuve Sestia a fait connaître qu’elle consentirait à vendre ce terrain à la ville de Nay pour le prix de 9000 F
- Considérant que les locaux affectés à la tenue des classes et des divers services de l’école supérieure de filles sont devenus notoirement insuffisants en raison du développement considérable pris par cette école qui compte actuellement 150 élèves
A l’unanimité moins une voix
1er Décide qu’il y a lieu de maintenir à Nay l’école supérieure de filles dont la prospérité s’affirme de jour en jour, malgré les charges que cette école fait peser sur la ville.
2ème Vote l’acquisition pour le compte de la ville, du terrain appartenant à Mme Vve Sestia au prix ferme de 9000F pour y édifier l’école supérieure de filles
3ème Vote un emprunt de 100 000 F
4ème Prie instamment l’administration supérieure de vouloir bien lui faire accorder le secours le plus large de l’Etat en considération des énormes sacrifices que la ville s’est imposés pour la construction d’écoles soit primaires soit supérieures ».

Le 13 février 1908 seulement, le projet de construction d’une école primaire supérieure de jeunes filles dans l’endroit choisi est enfin financé. Il est temps car cela fait maintenant près de trois ans que l’école primaire supérieure de jeunes filles de Nay a été créé et qu’elle fonctionne dans des locaux inadaptés à ses besoins :

« vu le procès-verbal d’adjudication des travaux de construction de l’école primaire supérieure de filles par lequel M. Poumès Jean, entrepreneur à Bénéjacq, a été déclaré l’adjudication desdits travaux pour le prix de 92 605 F 44. Vu le contrat en date des 29 et 31 août 1907 par lequel la ville de Nay a emprunté au Crédit Foncier de France un capital de 100 000 F destiné à faire face aux dépenses occasionnées par la construction d’une école primaire supérieure de filles [le projet est adopté à l’unanimité] ».

Il a fallu avoir recours à un emprunt, et la municipalité n’eut qu’à compter que sur elle-même, la séance du 17 juillet 1907 ayant fait part d’une aide modeste du ministère :

« M. le Maire donne lecture d’une lettre par laquelle monsieur le Préfet lui fait connaître que Monsieur le Ministre de l’Instruction Publique a accordé à la commune de Nay une subvention de 1 200 F en vue de la construction d’une école primaire supérieure de filles ».

facade2.jpgLes travaux peuvent dès lors commencer, ils ne seront terminés que pour la rentrée du 1er octobre 1909 soit quatre ans après la création de l’école primaire supérieure de jeunes filles de Nay. Cette date d’octobre 1909 représente donc les véritables débuts de l’école dans ses propres murs.




 



facades.jpgLa réception des travaux s’est faite le 14 août 1909. L’école des filles comporte alors, une fois établie dans ses nouveaux murs, cinq classes avec un nombre d’élèves qui s’est accru dans de notables proportions. A la lecture des archives départementales, une correspondance datant du 4 novembre 1909, établit que l’établissement de Nay compte plus de 125 filles.





Le long processus de création de l’école primaire supérieure de jeunes filles est désormais achevé : l’école se trouve dans ses murs, ce sont ceux qui abritent désormais le lycée actuel.

lyceeNAY.jpg

 


Date de création : 18/06/2007 - 22:28
Dernière modification : 28/04/2009 - 17:28
Catégorie : Productions d'élèves

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